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Plan
de l'église gothique :
Orienté
de l'est à l'ouest. Long de 68 m ; large de 29 m. Divisée en trois vaisseaux
: une nef et deux bas-côtés (collatéraux) de hauteur différente. La nef
comprend 5 travées rectangulaires, les collatéraux comprennent 5 travées
carrées. Un transept non saillant dont la hauteur, au carré et dans les
croisillons, est égale à celle de la nef. Le chœur, polygonal, est flanqué
de deux absidioles d'un plan semblable en réduction à celui du chœur.
Deux travées droites inégales (carré et barlongue) rattachent le chœur
au transept. Travées de même plan devant chaque absidiole. La construction
se prolonge à l'ouest par un porche, fermé sur deux côtés. Il est flanqué
de deux tours de plan carré à la base et de plan octogonal à la partie
supérieure.
Elévation
latérale intérieure :
L'église est entièrement voûtée. Les voûtes sont soutenues par des ogives,
des doubleaux et des formerets. Le tracé de ces arcs est partout en tiers-point.
Les arcs sont équilatéraux dans la nef : en augmentant l'ouverture
des arcs, on diminue d'autant le nombre de piliers, ce qui constituait
une certaine économie (il faut se rappeler la médiocrité des ressources
du couvent lors de la construction de la nef). La voûte des bas-côtés
est soutenue par des doubleaux, des ogives et des formerets dont les supports
sont constituées par trois colonnettes engagées dans une masse carrée.
La nef a 27,50 m du sol à la clé. La voûte présente une ossature
d'ogives, doubleaux et formerets. Les doubleaux et ogives reposent seuls
sur les piliers par l'intermédiaire d'un faisceau de trois colonnettes.
Un triforium dont le mur de fond est aveugle, au-dessus duquel court une
galerie haute. Le mur de cette galerie est percé d'une fenêtre divisée
en deux par un meneau central. Trois oculi. L'ensemble est sévère mais
remarquable par la pureté des lignes.
Décoration
intérieure : L'ancienne abbatiale
Saint-Bénigne se ressent de l'austérité de la règle monastique. On n'y
trouve pas les ensembles décoratifs de Chartres ou de Reims. Les chapiteaux
de la nef sont nus. Aux piliers du carré du transept, de l'abside et dans
les colonnettes du triforium, dans le chœur, on remarque quelques chapiteaux
décorés de feuillages : des feuilles dont les pointes sont rebroussées
en l'air, disposées sur deux rangs à la façon d'une couronne. Cette sculpture
végétale est ordinaire à la fin du 13ème s. Au croisillon sud du transept,
le seul chapiteau présentant une sculpture animée datant de la construction
de l'église : un pélican qui se déchire les entrailles, symbole de l'Eglise
catholique et d'un phénix renaissant de ses cendres, symbole de la résurrection
ou de la pérennité de la doctrine du Christ.
Avant la Révolution, un jubé en parpaing, nu, était établi entre les deux
piles occidentales du carré du transept. Il était percé en son centre
d'une baie fermée par une grille de fer forgé à l'ouest. A droite et à
gauche de la baie se trouvait un autel adossé au mur du jubé. Le long
des piles du transept montaient deux escaliers à vis qui donnaient accès
à la partie supérieure du jubé, arrêté un peu au-dessus des grandes arcades.
Une galerie à balustrade se développait à ce niveau. Le jubé était prolongé
par un mur entre les piles sud et nord du transept, et le chœur se trouvait
ainsi complètement fermé vers l'ouest. Derrière le grand autel se trouvait
la châsse de Saint Bénigne où ses reliques étaient déposées depuis 1288.
Extérieur
de l'église :
L'austérité et la sévérité de l'intérieur de l'édifice se retrouvent à
l'extérieur. La succession régulière des arcs-boutants, la nudité de leurs
parements droits, à peine décorée de place en place par des clochetons,
jette une note de monotonie sur tout l'ensemble. Deux tours, vers l'ouest,
rehaussent la noblesse de l'église qui, sans elles, serait pauvrement
décorée car l'économie a présidé à la construction de la façade. Ici comme
dans tous les monuments religieux français, la façade ouest est la plus
ornée. Le vieux portail du 12ème s. est précédé d'un porche rectangulaire
de 3,50 m de longueur sur 9 m de largeur.
Le porche est couvert d'une voûte à doubleaux, ogives et formerets,
retombant sur des culots. Pour orner les deux murs, on a placé deux groupes
de quatre niches, soulignées par des colonnettes qui supportent de petits
arcs brisés, au remplage tréflé. Tympans martelés de la passion de Saint
Bénigne et de la Cène.
Au-dessus du porche, une galerie sur tout le pourtour très délicatement
ajourée. Ses quatre angles sont soulignés par des clochetons. La nef est
éclairée par une grande baie amortie par un arc brisé, ouverte au-dessus
du porche et de la galerie. La verrière a été remaniée plusieurs fois.
Enfin, la base de la charpente est dissimulée derrière une galerie
de circulation recouverte d'un toit en appentis. Elle permet de joindre
les tours sud et nord de la façade. Ces tours sont de plan carré jusqu'à
la retombée de la charpente de la nef, puis de plan octogonal au-dessus
de ce niveau.
La tour nord est divisée en deux étages par un filet saillant,
dans la partie carrée. Une seule baie l'éclaire au niveau de la nef. La
partie octogonale est divisée en deux par un double filet saillant. Deux
baies géminées ajourent la partie inférieure tandis qu'à la partie supérieure
(ou étage supérieur), une baie éclaire chaque face de l'octogone. Le toit
à huit pans de la tour nord dont la base est dissimulée par une balustrade
décorée amortit l'ensemble.
La tour sud reproduit la disposition de l'autre tour. Les bandeaux
qui la décorent sont ornés de fines sculptures qui se remarquent assez
peu.
L'église
est couverte d'un toit en charpente complètement remanié à la suite
d'incendies nombreux. Sur la charpente reposaient autrefois des pierres
plates ou laves, remplacées ensuite par des tuiles vernissées de couleurs
différentes et disposées en losanges imbriqués. La flèche actuelle
date de 1896.
La
beauté de la cathédrale Saint Bénigne ne réside donc pas dans une décoration
sculpturale mais dans la pureté de ses lignes sobres et sévères.
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