|
L'Ecole
de Commerce de Dijon
ESC Dijon
Avec
un budget maigre et un nombre limité de professeurs permanents,
l'ESC Dijon souffre de la concurrence d'écoles mieux dotées
et établies dans des régions plus attrayantes. Pour
se démarquer, elle propose des cursus à double diplôme.
L'ESC
Dijon, qui fête son centenaire, connaît une fin de siècle
bien difficile. Cette école dépend en effet de plusieurs
chambres de commerce de la région Bourgogne, qui ne poursuivent
pas toutes les mêmes objectifs, et elle a dû subir de
ce fait des « coups d'accordéon » importants
et répétés dans sa stratégie, qui ont
entraîné en particulier de nombreux changements de
directeurs. En outre, le groupe de l'ESC Dijon ne dispose que d'un
budget relativement faible, assez nettement inférieur en
tout cas à la moyenne de celui des autres ESC. C'est aussi
une école qui compte, avec les ESC Clermont-Ferrand et Rennes,
parmi les établissements disposant du corps professoral permanent
le moins étoffé : seulement 20 professeurs sont présents
quatre jours par semaine. Avec l'arrivée de son nouveau directeur,
Gilles Faure, et sous l'impulsion de son directeur d'études
(qui a déjà fait ses preuves à l'ESC Rennes),
l'établissement prend le parti de se lancer aujourd'hui dans
une stratégie qui mise beaucoup sur les cursus internationaux,
débouchant pour les étudiants sur l'obtention de doubles
diplômes. En ce qui concerne le recrutement, les errances
de la stratégie de l'ESC Dijon n'ont évidemment pas
été sans répercussion et sans conséquence
: les promotions de 1997 et de 1998 se sont retrouvées composées
à plus de 80 % d'admis sur titres, un tel recrutement manquant
gravement aux exigences imposées par la conférence
des grandes écoles. L'ESC Dijon a tout de même redressé
la tête à la dernière rentrée en intégrant
162 élèves issus des classes préparatoires,
dont 18 % de préparationnaires issus de la voie technologique
anciens bacheliers STT sciences et technologies du tertiaire.
Mais ce faisant, elle a largement dépassé le nombre
d'étudiants qu'elle était en droit d'intégrer
(110 places au concours) : que se soit délibérément
ou involontairement, l'école a bel et bien mené une
politique de surbooking.
Date
de Création .................................. 1899
Nombre d'élèves ..................................
590
Budget ................................................ 60,2 MF
Pédagogie
Nombre de professeurs présents plus de trois jours.............................................
19
Proportion d'élèves passant plus de six mois en entreprise
............................... 25 %
Proportion d'élèves apprentis ................. 15
%
Internationale
Nombre d'élèves partant étudier à l'étranger
............................................. 95
Durée moyenne ................................... 10 mois
Proportion de doubles diplômés ............ 10 %
En
plaçant sa barre d'admissibilité à 5,5 aux
écrits, il paraît évident que la sélection
n'était pas d'une grande rigueur. Le concours sur titres
a permis d'accueillir en 1999 presque une centaine de titulaires
de bac + 2. En deuxième année, seulement 11 élèves
possédant un bac + 3 et plus ont rejoint l'école.
Offrant une pédagogie à la carte, l'ESC Dijon permet
à ses étudiants d'organiser eux-mêmes les différents
semestres de leur scolarité. En troisième année,
les élèves choisissent leur dominante parmi les domaines
suivants : marketing/vente, entrepreneuriat, comptabilité/audit/contrôle
de gestion, finance. Les deux dernières dominantes sont particulièrement
prisées par les étudiants, selon une tradition financière
désormais bien établie à Dijon. Selon l'école,
cinq ans après l'obtention de leur diplôme, 40 % des
étudiants occupent des fonctions dans les secteurs de la
finance. C'est sans doute en partie dû au fait que l'école
organise une préparation au DECF pour les épreuves
de droit, de comptabilité et de contrôle de gestion,
permettant à ses diplômés un bon accès
aux métiers de la finance. En 1999, l'ESC Dijon a choisi
comme un axe fort de développer les cursus qui mènent
à un double diplôme. Les étudiants se voient
donc proposer de choisir entre trois filières : franco-anglophone,
franco-hispanophone et franco-germanophone. Un suivi linguistique
personnalisé est assuré ; ce n'est pas inutile puisque
les deux premières années les étudiants suivent
un tiers des cours de gestion en français certes, mais aussi
un autre tiers en anglais et un tiers également dans la langue
de la filière choisie. C'est durant les deux derniers semestres
de leur cursus à Dijon que les étudiants partent dans
une université étrangère pour y passer soit
un master, un master of science ou un master of business administration
en Grande-Bretagne, soit un diplôme Kaufmann en Allemagne,
soit enfin une licenciatura en Espagne. Les stages quant à
eux sont répartis tout au long du cursus : en première
année, un stage découverte de deux mois ; puis en
deuxième année, un autre stage de trois mois ; et
enfin, en dernière année, une mission de trois à
huit mois (dont la durée dépend du cursus choisi).
Et l'ECS Dijon propose aux élèves qui le souhaitent
de poursuivre leurs études par la voie de l'apprentissage.
Elle organise également de nombreux séminaires qui
concernent le développement personnel : de l'organisation
personnelle aux médias en passant par le théâtre
et la communication. Fortement décidée à combler
son déficit d'image, l'ESC Dijon mise sur une pédagogie
désormais très centrée sur l'international.
Une stratégie qui devrait porter ses fruits : ainsi pour
le concours de la rentrée prochaine, l'école offrira
50 places supplémentaires aux étudiants venant des
classes préparatoires.
Points
forts
L'international : les liens importants avec l'Angleterre, l'Allemagne,
l'Espagne ; les deux tiers de cours en langues étrangères
et la possibilité de passer un semestre à l'étranger.
Bon coaching et tutorat.
Points
faibles
Budget insuffisant, manque de professeurs à temps complet.
Notre
avis
Sous la houlette d'une nouvelle direction dynamique, l'école,
située au centre d'une région riche, a de bonnes cartes
à jouer.
Insertion
8 200 offres d'emploi reçues par an
2 personnes affectées au service des stages
17 % des diplômés débutent à l'étranger
Salaire
annuel (brut moyen à l'embauche) : 162 000 F
L'AUDIT ET LA FINANCE : UNE TRADITION
Cinq ans après l'obtention de leur diplôme, on retrouve
plus de 40 % des élèves de l'ESC Dijon à des
fonctions ayant trait à la finance, qu'ils soient par exemple
analystes financiers, comptables, contrôleurs de gestion ou
trésoriers. C'est le pourcentage le plus élevé
de toutes les écoles supérieures de commerce françaises.
D'autre part, l'ESC Dijon se classe parmi les dix établissements
qui placent le plus grand nombre de leurs étudiants dans
le secteur de l'audit. Cette situation n'est pas le fruit du hasard
: l'école propose depuis de très nombreuses années
des spécialisations en finance qui sont animées par
des professeurs dont la compétence est unanimement reconnue.
Elle dispense en outre de plein droit trois des épreuves
du DECF, ce qui facilite notablement l'accès de ses diplômés
aux postes financiers. Conséquence géographique de
cette couleur financière : 40 % des élèves
de l'ESC Dijon exercent leur profession dans la région parisienne.
Autre conséquence : les titulaires des diplômes de
l'ESC Dijon se placent, surtout depuis deux ans, dans les grandes
entreprises ; c'est parmi elles que 62 % de la promotion 1998 ont
choisi de faire leurs armes.
© Copyright http://www.nouvelobs.com
|